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La fortune secrète de Juan Carlos fait trembler la monarchie espagnole

Les révélations se multiplient depuis que « La Tribune de Genève » a affirmé que l’ex-monarque avait reçu 100 millions de dollars de l’Arabie saoudite.

Par  (Madrid, correspondante)

Publié le 07 mars 2020 à 11h21, modifié le 08 mars 2020 à 13h07

Temps de Lecture 4 min.

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Juan Carlos, alors roi d’Espagne, à Madrid, en décembre 2011.

« Juan Carlos cachait 100 millions à Genève. » Etalé en une du quotidien suisse La Tribune de Genève du mercredi 4 mars, les révélations sur la fortune secrète de l’ancien monarque espagnol, nourrie de capitaux provenant d’Arabie saoudite, ne cessent depuis de provoquer des remous au sud des Pyrénées.

Unidas Podemos, qui gouverne en coalition avec les socialistes, a demandé l’ouverture d’une commission d’investigation parlementaire, tout comme les partis indépendantistes catalans, bien décidés à tirer profit de ce scandale qui affaiblit la Couronne.

« Il faut lever tous les doutes sur le comportement corrompu présumé de l’ancien chef d’Etat », a demandé le porte-parole de la gauche radicale, Pablo Echenique. Tandis que celui de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), Gabriel Rufian, a dénoncé « l’opacité d’une famille payée 8 millions d’euros par an juste pour son nom, qui, en plus, fait des affaires avec les satrapes d’Arabie saoudite ».

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Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) a, au contraire, fermé la porte à une enquête parlementaire, en argumentant que l’ancien roi jouissait au moment des faits de l’inviolabilité reconnue par la Constitution au chef de l’Etat. La justice espagnole a cependant demandé des précisions à la Suisse sur le compte présumé de Juan Carlos, qui a perdu son immunité totale en 2014, lorsqu’il a abdiqué au profit de son fils Felipe VI.

Un « don » aux Bahamas

Au centre de ce scandale financier qui fait trembler la maison royale, se trouve celle qui fut l’amante du vieux roi « émérite », âgé de 82 ans : Corinna Larsen, plus connue du nom de son ex-mari – un prince allemand – comme Corinna zu Sayn-Wittgenstein. De vingt-six ans sa cadette, cette chef d’entreprise allemande d’origine danoise a reçu, en 2012, un « don » de 65 millions de dollars, sur un compte domicilié aux Bahamas, qui a fait sonner les alarmes du procureur suisse Yves Bertossa. Selon Mme Larsen, il s’agit d’un cadeau de celui qui occupait, encore à l’époque, le trône d’Espagne. C’est « une forme de donation pour elle et pour son fils, pour qui il avait de l’affection », a expliqué au journal suisse son avocat, Robin Rathmell.

L’argent provient d’un compte de la banque privée Mirabaud, correspondant à une fondation domiciliée au Panama, nommée Lucum. L’unique bénéficiaire aurait été l’ancien roi d’Espagne. Les fonds de cette fondation opaque ne font eux pas de doutes : ils proviennent d’un virement de 100 millions de dollars, effectué le 8 août 2008, par le ministère des finances d’Arabie saoudite.

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